Un mois avec /e/OS : le système d’exploitation européen qui veut libérer votre smartphone de l’emprise de Google
Les GAFAM n’ont jamais eu aussi mauvaise presse. Entre les déclarations Trumpistes assumées, l’embargo numérique contre la CPI et la surveillance de masse décomplexée, 2026 sonne comme une année de rupture. C’est dans ce contexte que débarque /e/OS, un système d’exploitation mobile européen, open source, qui promet de couper les ponts avec Google sans vous transformer en ermite numérique. J’ai passé un mois à l’utiliser sur un Fairphone 6 prêté par Murena. Voici mon retour – sans langue de bois.
Sommaire
- 1 Premiers pas avec /e/OS : l’émancipation commence dans la boîte
- 2 Une interface qui emprunte à iOS… mais pas que
- 3 Vie privée : le vrai point fort de /e/OS
- 4 Compatibilité : ça passe ou ça casse
- 5 Mises à jour : un rythme acceptable pour un OS alternatif
- 6 En résumé : une alternative crédible pour se dégoogliser
Premiers pas avec /e/OS : l’émancipation commence dans la boîte
Dès l’ouverture du carton, le message est clair : vous n’êtes plus chez Google. Les autocollants Murena remplacent la pomme croquée, comme un badge de résistant numérique. L’assistant d’installation vous demande un compte Murena (Nextcloud, courriels, cloud), pas de compte Google.
Aucune pression, aucune collecte de données forcée. C’est presque déroutant. Le téléphone démarre sans la moindre trace de Google Play Services. Pourtant, tout fonctionne : les applis, les notifications, le réseau. Un vrai bol d’air pour ceux qui en ont marre de se faire tracker dès l’allumage.

Une interface qui emprunte à iOS… mais pas que
Premier choc : toutes les apps sont sur l’écran d’accueil, pas de tiroir d’applications. Ça sent l’influence d’Apple, j’dis pas. Les icônes gigotent quand on les déplace, comme sur un iPhone. Une approche simpliste qui séduira les néophytes.
Mais pour un bidouilleur comme moi, c’est frustrant. Pas de widgets sur le bureau ? Impossible de personnaliser le moindre dossier ? J’ai donc rapidement installé Lawnchair pour retrouver un lanceur digne de ce nom. Heureusement, /e/OS l’accepte sans broncher. Le système reste ouvert, comme on aime dans le monde open source.
L’AppLounge : le Play Store sans l’espionnage
Pour télécharger des apps, oubliez le Play Store. L’AppLounge donne accès au catalogue Google, mais de manière anonyme. Chaque app reçoit un score de confidentialité basé sur les données d’Exodus Privacy. Gmail ? 0/10, normal. Les applis open source sont mises en avant, avec un onglet dédié.
L’ensemble est réactif, agréable. On peut même télécharger des APKs depuis le navigateur sans restriction. C’est simple, efficace, et surtout, ça respecte votre vie privée. Un vrai progrès par rapport à l’usine à données qu’est devenu Google Play.
Vie privée : le vrai point fort de /e/OS
Le système intègre microG, une implémentation alternative des services Google. Résultat : vous pouvez utiliser Gmail, YouTube ou même Gemini sans balancer votre vie entière à Mountain View. Les données envoyées sont filtrées, limitées au strict nécessaire.
Dans les paramètres, l’outil Advanced Privacy permet de masquer votre IP, de falsifier votre position GPS et de bloquer les traqueurs. Le blocage est actif par défaut. Un « mur de la honte » affiche les apps les plus bavardes. Franchement, voir une app de lampe torche tenter de contacter une régie pub, ça fait réfléchir.
Seul bémol : la sauvegarde automatique vers le cloud Murena est activée par défaut, sans consentement clair. Pratique, mais pas très respectueux de la philosophie qu’ils vendent. Un peu comme si votre privé vous chuchotait « t’inquiète, on garde tout ».
Compatibilité : ça passe ou ça casse
Les apps bancaires ? Ça dépend. BoursoBank, L’Identité Numérique, France Identité… certains utilisateurs rapportent des plantages. Les services de paiement NFC peuvent aussi coincer. Pourquoi ? Parce qu’ils vérifient des certificats signés par Google, que /e/OS ne possède pas.
Moi, j’ai eu de la chance : mes apps (Paylib, BNP, Revolut) ont fonctionné sans accroc. Mais c’est un vrai risque si vous utilisez des services critiques liés à l’administration. Heureusement, la compatibilité s’améliore avec chaque mise à jour. La version 4.0 d’/e/OS (annoncée en juin 2026) promet de résoudre ces soucis.
Mises à jour : un rythme acceptable pour un OS alternatif
Le téléphone tournait sous /e/OS 3.7.3 (Android 15) pendant mon test. Les correctifs de sécurité arrivent avec un léger décalage par rapport aux Pixels, mais rien d’alarmant. L’équipe de Murena suit les releases d’Android Open Source Project avec sérieux.
Pour un OS qui court après la liberté numérique et la sécurité, c’est honorable. Pas de promesses mensongères, une transparence sur le process. C’est rare de nos jours.
En résumé : une alternative crédible pour se dégoogliser
/e/OS n’est pas parfait. Certaines apps bancaires bouderont, l’expérience utilisateur manque de polish par endroits, et Murena pousse un peu fort son cloud. Mais c’est sans doute la solution la plus aboutie pour une migration en douceur vers un smartphone débarrassé de Google.
Pas besoin d’être un expert en ligne de commande. /e/OS s’installe sur près de 300 modèles, et vous pouvez acheter un appareil préinstallé. C’est une porte d’entrée idéale vers un numérique plus respectueux, made in Europe. La liberté numérique n’a jamais été aussi accessible. Et franchement, après un mois, j’ai pas du tout envie de revenir en arrière.
Source: www.lesnumeriques.com




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