La Chine accélère le retrait de Windows 10 de ses administrations publiques. Selon Bloomberg, le Bureau de la sécurité d’État a ordonné la suppression immédiate des versions personnalisées de l’OS de Microsoft. Cette décision pourrait donner un coup d’accélérateur à Linux dans le pays et au-delà.
Chine : le retrait précipité de Windows 10 dans les administrations
Le calendrier initial prévoyait de conserver ces systèmes jusqu’en février 2027. Les voilà déjà condamnés. Un signal fort envoyé à Microsoft et à toute l’industrie du logiciel.
Quelle ironie pour celui qui a dominé les bureaux pendant des décennies ! Les institutions doivent se tourner vers des systèmes d’exploitation développés localement. Et ces alternatives sont toutes basées sur le noyau Linux.
Un séisme dans le paysage informatique chinois
Cette décision ne concerne pas que quelques ordinateurs isolés. Elle touche un parc immense, présent dans toutes les strates de l’administration. La migration va devoir être menée à un rythme soutenu.
Ce n’est pas un simple problème technique. C’est une question de souveraineté numérique. La Chine veut contrôler ses propres outils, de la puce au système d’exploitation.
Kylin OS et UOS, les deux fers de lance du logiciel chinois
Deux grandes solutions se détachent pour remplacer Windows 10. La première s’appelle Kylin OS, développé par Kylin Software Co. La seconde est Unity Operating System, ou UOS, conçu par Tongxin Software Technology Co.
Kylin OS a d’abord été bâti sur FreeBSD avant de devenir un système Linux à part entière. UOS repose sur Deepin, une distribution bien connue des amateurs, elle-même dérivée de Debian.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Ubuntu Kylin n’a rien à voir avec Kylin OS. Cette version d’Ubuntu, sortie en 2013, visait le grand public.
La fusion de l’intérêt public et du logiciel libre
Ces systèmes ne sont pas des jouets. Ils sont déployés dans des ministères, des écoles, des réseaux critiques. Leur fiabilité est donc scrutée de très près.
Pour les développeurs de Kylin et UOS, c’est une immense responsabilité. Mais aussi une occasion de prouver que le logiciel libre peut soutenir les plus hautes exigences. La Chine pourrait bien devenir le plus grand laboratoire d’expérimentation pour Linux à grande échelle.
Souveraineté numérique : la Chine ne s’arrête pas aux logiciels
Les restrictions ne concernent pas seulement les systèmes d’exploitation. Les administrations centrales doivent aussi exclure les ordinateurs de marques étrangères. Les iPhone sont déjà interdits dans certaines entités publiques.
Côté matériel, Pékin mise sur ses propres champions. Huawei et Cambricon fournissent les puces pour l’intelligence artificielle, faute d’accès aux accélérateurs Nvidia. Une technologie 100% locale, de la puce au noyau.
Et si la Chine faisait basculer l’informatique mondiale ?
Cette tendance dépasse largement les frontières chinoises. En France, la DINUM déploie déjà Sécurix et Bureautix dans l’administration. Deux distributions Linux destinées à remplacer Windows.
La fin du support de Windows 10 a poussé des millions d’utilisateurs vers l’open source. Si la Chine rejoint ce mouvement à grande échelle, l’effet sera démultiplié. On parle de centaines de millions de postes potentiels.
Cette migration pourrait aussi inspirer d’autres pays. L’open source y gagne une crédibilité énorme, et beaucoups d’utilisateurs pourraient suivre. C’est une sacrée source d’innovation pour l’ecosysteme open source.
Windows reste dominant, c’est indéniable. Mais pour combien de temps encore ? La Chine et l’Europe semblent décidées à explorer d’autres voies. L’avenir numérique est peut-être en train de se réécrire, une distribution à la fois.
Source: www.clubic.com