Les Pays-Bas expérimentent DAWO, un environnement de travail Linux conçu pour réduire la dépendance de leur administration à Microsoft. Fondé sur NixOS, ce projet réunit un système d’exploitation et une suite bureautique souveraine. Huit communes le testent déjà, mais aucune migration nationale n’a été annoncée.
DAWO, la réponse néerlandaise à Windows 11 et Microsoft
Le projet porte un objectif clair : donner à l’administration publique davantage de contrôle sur ses outils numériques. DAWO, pour « Digitaal Autonome Werkomgeving Overheid », vise ainsi une alternative aux logiciels de Microsoft, notamment Windows et Office.
Il ne s’agit pas simplement d’installer une distribution Linux standard sur les ordinateurs des agents. L’environnement est bâti sur NixOS, un système qui permet de décrire et de reproduire les configurations de manière cohérente. Selon les éléments du projet, 80 à 90 % d’une configuration pourrait être reprise d’un poste à l’autre.
Une distribution Linux encore en phase de test
Huit communes néerlandaises mettent actuellement DAWO à l’essai. Le projet concerne aussi des ordinateurs trop anciens pour accueillir Windows 11, ce qui pourrait prolonger la durée de vie de matériel encore fonctionnel.
La prudence reste de mise : la première version stable n’est pas attendue avant la fin de 2027, et aucun calendrier de déploiement à l’échelle nationale n’est communiqué. DAWO est donc une expérimentation en cours, pas encore le grand départ de Microsoft des administrations néerlandaises.
La souveraineté numérique au-delà du choix du système
Remplacer Windows 11 ne suffit pas, à lui seul, à garantir une véritable indépendance technologique. Les administrations doivent aussi vérifier la compatibilité de leurs applications, la gestion des mises à jour, la sécurité et l’accès aux documents existants.
Le choix du logiciel libre et de l’open source peut offrir davantage de visibilité sur les outils employés et faciliter leur adaptation. Mais la migration demande du temps, des compétences et un accompagnement des utilisateurs. Un système ouvert ne transforme pas automatiquement un parc informatique en environnement maîtrisé.
NixOS, un socle pour reprendre la main
NixOS se distingue par sa gestion déclarative des configurations : l’état attendu d’un poste peut être défini puis reproduit sur d’autres machines. Cette approche peut simplifier la maintenance d’un parc, même si elle exige une expertise différente de celle d’une infrastructure Windows classique.
La suite bureautique prévue compte autant que le système. Pour réduire réellement la dépendance à Microsoft, les agents doivent pouvoir travailler, échanger et conserver leurs fichiers sans retomber sur les services propriétaires au premier problème de compatibilité. C’est là que la promesse de DAWO se jouera concrètement.
Le projet néerlandais s’inscrit dans un débat européen plus large sur la souveraineté numérique des services publics. Pour l’heure, DAWO montre une direction et teste ses choix sur le terrain. La sortie de Windows reste un chantier, pas une commande magique à lancer dans le terminal.
Source: forum.lesnumeriques.com